à propos de mes choix de bois

À propos de mes choix de bois…

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Bonjour à tous, je souhaite ici répondre aux questions et commentaires qui me parviennent à propos de l’utilisation de bois indigènes.

Je ne tiens ni à être dans l’air du temps, ni à faire de la démagogie. J’utilise ces bois parce que je les trouve beaux ! Lorsqu’il y a une quinzaine d’années je me suis penché sur l’utilisation de ces essences, j’ai dû affronter quelques regards mi-amusés mi-moqueurs… Quant à l’utilisation quasi systématique de bois précieux (qualificatif lié au commerce qui en est fait), je sais que la nature n’a pas d’intention et qu’il n’y a pas plus de bois à guitare que de 4×4 à trottoirs (c’est pour la rime !).
En effet, ce sont les industriels qui, devant produire en grande quantité, ont porté leurs choix sur quelques essences particulières. Bien sûr l’aspect mécanique est important pour la sonorité mais des centaines d’arbres ont de telles propriétés.
Les principales qualités d’un instrument viennent du luthier qui le réalise et du musicien qui le joue, c’est tout ! Penser qu’un bon violon ne peut-être qu’en érable ondé ou qu’une gratte est forcément en palissandre n’est (à mon avis) important que pour justifier de prix parfois… étonnants qui sont pratiqués sur ces matériaux… Chacun est libre de choisir…

Pour ma part je trouve ces bois : cormier, sorbier, pommier, orme, alisier, abricotier, pêcher, robinier… très beaux, mes clients aussi ! (ça tombe bien, c’est pour eux que je fabrique). Bien sûr ces essences demandent quelques expériences en amont pour en comprendre le séchage, l’usinage, l’utilisation et garantir des instruments à vie (la mienne), mais le jeu en vaut la chandelle.

Ce pour plusieurs raisons :

  • mes clients viennent chercher des pièces uniques… pourquoi pas avec des bois uniques ?
  • les industriels ne sont pas prêts de me suivre !
  • plus personne ne connaît ces essences or nouveaux bois = nouveaux sons !
  • un luthier consomme assez peu de bois et une grume peut durer plusieurs années, alors la chercher, la choisir, la faire scier s’avère passionnant
  • je trouve particulièrement délectable de rendre à ces arbres quelques titres de noblesses.

Je ne crois pas être « farfelu », j’ai juste la chance de pratiquer un métier qui m’autorise à être ce que je suis…

Amicalement,
Philippe Berne, octobre 2010

NB : Je ne suis pas « anti-bois exotiques »… à l’heure ou j’écris ces lignes une touche en ébène est en train de coller sur l’établi…